Difference between revisions of "Marxisme et libération lesbienne/gay"

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'''4.''' Dans les pays dépendants, l’hétérosexisme revêt des formes spécifiques et parfois particulièrement virulentes.<br> Les conquérants européens, depuis le seizième jusqu’au vingtième siècle, ont souvent utilisé l’extirpation de la ’ sodomie ’ comme justification idéologique à la conquête et à la domination sur d’autres peuples. De nombreux pays qui sont aujourd’hui formellement ou politiquement indépendants ont conservé les lois contre l’homosexualité qui avaient été imposées par les autorités coloniales antérieures. Le maintien des lois, pratiques et coutumes répressives est souvent argumenté sur la base de la religion - dans les pays dépendants comme dans les pays impérialistes - y compris le Christianisme, l’Islam et l’Hindouisme, et préservé par le recours à la juridiction religieuse ou communautaire légalement instituée sur la famille et la vie personnelle, dans les pays ou la séparation de la religion et de l’état n’a pas été acquise. La droite religieuse et les fondamentalistes argumentent couramment que le code ’ moral ’ qu’ils défendent est profondément ancré dans la structure traditionnelle de la société où ils sont organisés. En réalité, le plus souvent, beaucoup de leurs pratiques les plus réactionnaires, particulièrement celles dirigées contre les femmes et contre les ’ déviations ’ sexuelles, n’ont pas de telles racines mais sont essentiellement modernes comme elles sont essentiellement réactionnaires.
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'''4.''' Dans les pays dépendants, l’hétérosexisme revêt des formes spécifiques et parfois particulièrement virulentes.<br> Les conquérants européens, depuis le seizième jusqu’au vingtième siècle, ont souvent utilisé l’extirpation de la ’ sodomie ’<br> comme justification idéologique à la conquête et à la domination sur d’autres peuples. <br>De nombreux pays qui sont aujourd’hui formellement ou politiquement indépendants <br>ont conservé les lois contre l’homosexualité qui avaient été imposées par les autorités coloniales antérieures. <br>Le maintien des lois, pratiques et coutumes répressives est souvent argumenté sur la base de la religion - dans les pays dépendants comme dans les pays impérialistes - y compris le Christianisme, l’Islam et l’Hindouisme, et préservé par le recours à la juridiction religieuse ou communautaire légalement instituée sur la famille et la vie personnelle, dans les pays ou la séparation de la religion et de l’état n’a pas été acquise. La droite religieuse et les fondamentalistes argumentent couramment que le code ’ moral ’ qu’ils défendent est profondément ancré dans la structure traditionnelle de la société où ils sont organisés. En réalité, le plus souvent, beaucoup de leurs pratiques les plus réactionnaires, particulièrement celles dirigées contre les femmes et contre les ’ déviations ’ sexuelles, n’ont pas de telles racines mais sont essentiellement modernes comme elles sont essentiellement réactionnaires.
 
Un second mythe idéologique fondamental est que, dans ces sociétés, l’homosexualité serait une survivance négative de plus de l’impérialisme.
 
Un second mythe idéologique fondamental est que, dans ces sociétés, l’homosexualité serait une survivance négative de plus de l’impérialisme.
 
Tout en défendant une compréhension matérialiste de l’essor d’identités lesbiennes et gays à échelle de masse telles qu’elles se présentent aujourd’hui, en tant que produit de l’industrialisation et de l’urbanisation, nous développons également la connaissance de l’histoire des relations de même sexe, dans ses multiples variantes, au sein des cultures traditionnelles.
 
Tout en défendant une compréhension matérialiste de l’essor d’identités lesbiennes et gays à échelle de masse telles qu’elles se présentent aujourd’hui, en tant que produit de l’industrialisation et de l’urbanisation, nous développons également la connaissance de l’histoire des relations de même sexe, dans ses multiples variantes, au sein des cultures traditionnelles.

Revision as of 16:51, 22 November 2011

4. Dans les pays dépendants, l’hétérosexisme revêt des formes spécifiques et parfois particulièrement virulentes.
Les conquérants européens, depuis le seizième jusqu’au vingtième siècle, ont souvent utilisé l’extirpation de la ’ sodomie ’
comme justification idéologique à la conquête et à la domination sur d’autres peuples.
De nombreux pays qui sont aujourd’hui formellement ou politiquement indépendants
ont conservé les lois contre l’homosexualité qui avaient été imposées par les autorités coloniales antérieures.
Le maintien des lois, pratiques et coutumes répressives est souvent argumenté sur la base de la religion - dans les pays dépendants comme dans les pays impérialistes - y compris le Christianisme, l’Islam et l’Hindouisme, et préservé par le recours à la juridiction religieuse ou communautaire légalement instituée sur la famille et la vie personnelle, dans les pays ou la séparation de la religion et de l’état n’a pas été acquise. La droite religieuse et les fondamentalistes argumentent couramment que le code ’ moral ’ qu’ils défendent est profondément ancré dans la structure traditionnelle de la société où ils sont organisés. En réalité, le plus souvent, beaucoup de leurs pratiques les plus réactionnaires, particulièrement celles dirigées contre les femmes et contre les ’ déviations ’ sexuelles, n’ont pas de telles racines mais sont essentiellement modernes comme elles sont essentiellement réactionnaires. Un second mythe idéologique fondamental est que, dans ces sociétés, l’homosexualité serait une survivance négative de plus de l’impérialisme. Tout en défendant une compréhension matérialiste de l’essor d’identités lesbiennes et gays à échelle de masse telles qu’elles se présentent aujourd’hui, en tant que produit de l’industrialisation et de l’urbanisation, nous développons également la connaissance de l’histoire des relations de même sexe, dans ses multiples variantes, au sein des cultures traditionnelles. L’absence ou les lacunes d’Etat-providence et les bas niveaux de salaires dans les pays dépendants renforcent la dépendance vis-à-vis des familles traditionnelles. Spécialement dans les zones rurales, le manque d’organisations sociales ou politiques non-traditionnelles et d’alternatives culturelles rend la non-conformité difficile. Dans une telle situation, la 4e Internationale considère que l’organisation des LGBT constitue un élément important d’un projet global de libération nationale, lequel implique nécessairement l’affrontement contre les structures de pouvoir nationales et religieuses, tout autant que contre l’impérialisme. La participation ouverte des structures LGBT dans les soulèvements démocratiques de masse dans plusieurs pays d’Amérique latine, d’Afrique australe et d’Asie du sud-est ont démontré que libération lesbienne/gay et libération nationale peuvent aller de pair. 7. La résolution sur la libération des femmes notait, voici plus de 20 ans : ’ aujourd’hui, confrontée à des problèmes économiques croissants, la classe dirigeante sabre dans les dépenses sociales et tente de remettre le fardeau aux familles individuelles ’. Les décennies ultérieures n’ont fait qu’aggraver la situation. Conjugués à des salaires bloqués ou en diminution et un chômage croissant, ces coupes sombres menacent les préconditions de base, en termes de logement, de soins de santé, de soins aux enfants et autres formes de soutien collectif, qui permettraient aux LGBT de vivre de façon décente en dehors des familles hétérosexuelles et de conforter leurs communautés. Les effets ont été particulièrement dévastateurs pour les nouvelles communautés émergentes dans les pays dépendants, notamment depuis 1982 en Amérique latine et depuis 1997 dans l’Asie de l’est et du sud-est, et contribuent à renforcer l’idéologie familiariste. Là où existent des mouvements lesbiens/gays, ils devraient participer ouvertement aux luttes contre l’austérité capitaliste ; ces luttes devraient en tout cas reprendre les revendications des personnes LGBT pour des services spécifiques.

14. Dans une bonne partie du monde développé, notamment aux USA, s’est développé vers la fin des années ’70 une contre-offensive de droite contre les acquis du mouvement des femmes, ainsi que du mouvement lesbien/gay. Des organisations religieuses, extrêmement conservatrices, bien financées et très militantes ont mis en route des agendas politiques contre des questions sexuelles relatives aux femmes, à la communauté gay et lesbienne, et aux jeunes. Beaucoup de ces organisations de droite et beaucoup de leurs membres ont également choisi les LGBT comme cibles d’intimidation physique, et dans certains cas, de violence extrême, souvent déclenchée par une rhétorique de haine homophobe viscérale. L’ampleur de cette contre-offensive de droite contre les acquis des mouvements sociaux des années ’60 - une contre-offensive qui s’est depuis également étendue au monde sous-développé- ne doit pas être sous-estimée. A côté de leur forte condamnation du racisme et de la xénophobie, les mouvements antifascistes doivent également dénoncer avec conviction la violence anti-gay qui sévit dans la société - et s’organiser en conséquence. De même, les mouvements lesbiens/gays doivent chercher des alliés dans les autres secteurs de la société attaqués par l’extrême-droite, comme les immigrants, la jeunesse, les gens de couleur, les juifs, et la gauche politique, pour combattre plus efficacement l’ennemi commun, la droite religieuse et le fascisme. En défiant le pouvoir politique et les campagnes anti-gays des églises catholiques et orthodoxes orientales, et des groupes évangéliques protestants, les mouvements lesbiens/gays devraient trouver des alliances pour lutter pour la séparation complète de la religion et de l’état. Spécialement dans les pays où les LGBT sont durement réprimés, établir des liens avec les organisations globales pour les droits de l’Homme, et soulever en leur sein les thèmes LGBT peut être une bonne façon de démarrer l’organisation LGBT. Tenant compte du niveau de répression auquel les LGBT sont confrontés dans de nombreux pays, nous soutenons le droit d’asile pour les LGBT qui proviennent de pays où les LGBT sont persécutés, menacés ou simplement ne peuvent pas résider en raison de leur orientation sexuelle. 18. Nous concevons les mouvements lesbiennes/gays comme des mouvements largement incluant, qui regroupent toutes celles et ceux qui désirent vivre librement leurs sexualités et leur amour de même sexe. Dans des pays et des cultures différents, ils peuvent réunir des personnes impliquées dans un large éventail de relations et de modes de vie, qui peuvent s’identifier de diverses façons. Nous sommes opposés à une quelconque conception de mouvements lesbiennes/gays qui entendrait interdire ou soumettre la participation au groupe à une règle d’homosexualité exclusive. Dans de nombreux pays et de nombreuses cultures, les hommes en particulier ont souvent des contacts sexuels avec d’autres hommes tout en se conformant apparemment aux canons culturels de masculinité, accomplissant les rôles familiaux que les hommes doivent jouer, et ils ne s’identifient pas publiquement - ou même en privé- comme gays ou bisexuels. Dans certains pays, au sein des organisations sur le SIDA, de tels hommes sont simplement identifiés comme ’ des hommes qui ont des contacts sexuels avec des hommes’. Un des points qui ont provoqué de nombreuses tensions dans cette situation, c’est le fait, pour des gens qui ne s’identifient pas comme LGBT mais ont des relations homosexuelles, de traiter leurs partenaires homosexuels avec mépris, en raison de leur internalisation de l’hétérosexisme. Un premier pas important vers la libération sexuelle dans cette situation est pour ces hommes - et femmes - de traiter avec solidarité et respect ceux de leurs partenaires qui s’identifient comme lesbienne, gay ou transgenre. Un autre pas positif serait de aider ou devenir membre d’un mouvement gay/lesbienne, quelle que soit leur définition de leur propre identité. Dans certains pays et dans certaines situations particulières, les bisexuels ou d’autres minorités sexuelles peuvent choisir de s’organiser de façon autonome, à l’intérieur ou au-dehors des mouvements lesbiennes/gays, soit autour de revendications particulières, soit sur des thèmes plus larges tels le SIDA, la violence ou la diversité. Nous soutenons ce droit et respectons leur choix en ce sens, tout en continuant à œuvrer pour l’alliance la plus large des personnes sexuellement opprimées. Les bisexuels peuvent se retrouver isolés aussi bien dans la société hétérosexuelle que dans la communauté lesbienne/gay. La nature même de leur orientation sexuelle leur permet de passer inaperçus ou de sembler ’normaux ’ aux yeux de la société en général, les autres aspects de leur sexualité étant passés sous silence ou considérés de nature purement ’expérimentale ’. Il y a progrès lorsque les bisexuels tentent de briser cette invisibilité - de s’affirmer comme bisexuels - et de voir leur orientation sexuelle reconnue et acceptée comme une expression légitime de la diversité qui existe dans les communautés lesbiennes/gays et la sexualité humaine. Cette conception de la profession de soi comme démarche positive est la même que celle que nous avons à l’égard des lesbiennes et des gays. Les tensions qui existent dans le mouvement entre personnes dont les identités sexuelles sont différentes peuvent être brisé surtout par la construction d’un mouvement inclusif et un combat contre l’hétérosexisme. 19. Nous soutenons les campagnes contre les définitions psychiatriques de l’homosexualité et de la transexualité comme pathologies, et contre les tentatives barbares de médicaliser et ’ guérir ’ les LGBT (par psychothérapie, thérapie d’aversion ou psychochirurgie). comme justification idéologique à la conquête et à la domination sur d’autres peuples. De nombreux pays qui sont aujourd’hui formellement ou politiquement indépendants ont conservé les lois contre l’homosexualité qui avaient été imposées par les autorités coloniales antérieures. Le maintien des lois, pratiques et coutumes répressives est souvent argumenté sur la base de la religion - dans les pays dépendants comme dans les pays impérialistes - y compris le Christianisme, l’Islam et l’Hindouisme, et préservé par le recours à la juridiction religieuse ou communautaire légalement instituée sur la famille et la vie personnelle, dans les pays ou la séparation de la religion et de l’état n’a pas été acquise. La droite religieuse et les fondamentalistes argumentent couramment que le code ’ moral ’ qu’ils défendent est profondément ancré dans la structure traditionnelle de la société où ils sont organisés. En réalité, le plus souvent, beaucoup de leurs pratiques les plus réactionnaires, particulièrement celles dirigées contre les femmes et contre les ’ déviations ’ sexuelles, n’ont pas de telles racines mais sont essentiellement modernes comme elles sont essentiellement réactionnaires. Un second mythe idéologique fondamental est que, dans ces sociétés, l’homosexualité serait une survivance négative de plus de l’impérialisme. Tout en défendant une compréhension matérialiste de l’essor d’identités lesbiennes et gays à échelle de masse telles qu’elles se présentent aujourd’hui, en tant que produit de l’industrialisation et de l’urbanisation, nous développons également la connaissance de l’histoire des relations de même sexe, dans ses multiples variantes, au sein des cultures traditionnelles. L’absence ou les lacunes d’Etat-providence et les bas niveaux de salaires dans les pays dépendants renforcent la dépendance vis-à-vis des familles traditionnelles. Spécialement dans les zones rurales, le manque d’organisations sociales ou politiques non-traditionnelles et d’alternatives culturelles rend la non-conformité difficile. Dans une telle situation, la 4e Internationale considère que l’organisation des LGBT constitue un élément important d’un projet global de libération nationale, lequel implique nécessairement l’affrontement contre les structures de pouvoir nationales et religieuses, tout autant que contre l’impérialisme. La participation ouverte des structures LGBT dans les soulèvements démocratiques de masse dans plusieurs pays d’Amérique latine, d’Afrique australe et d’Asie du sud-est ont démontré que libération lesbienne/gay et libération nationale peuvent aller de pair. 7. La résolution sur la libération des femmes notait, voici plus de 20 ans : ’ aujourd’hui, confrontée à des problèmes économiques croissants, la classe dirigeante sabre dans les dépenses sociales et tente de remettre le fardeau aux familles individuelles ’. Les décennies ultérieures n’ont fait qu’aggraver la situation. Conjugués à des salaires bloqués ou en diminution et un chômage croissant, ces coupes sombres menacent les préconditions de base, en termes de logement, de soins de santé, de soins aux enfants et autres formes de soutien collectif, qui permettraient aux LGBT de vivre de façon décente en dehors des familles hétérosexuelles et de conforter leurs communautés. Les effets ont été particulièrement dévastateurs pour les nouvelles communautés émergentes dans les pays dépendants, notamment depuis 1982 en Amérique latine et depuis 1997 dans l’Asie de l’est et du sud-est, et contribuent à renforcer l’idéologie familiariste. Là où existent des mouvements lesbiens/gays, ils devraient participer ouvertement aux luttes contre l’austérité capitaliste ; ces luttes devraient en tout cas reprendre les revendications des personnes LGBT pour des services spécifiques.

14. Dans une bonne partie du monde développé, notamment aux USA, s’est développé vers la fin des années ’70 une contre-offensive de droite contre les acquis du mouvement des femmes, ainsi que du mouvement lesbien/gay. Des organisations religieuses, extrêmement conservatrices, bien financées et très militantes ont mis en route des agendas politiques contre des questions sexuelles relatives aux femmes, à la communauté gay et lesbienne, et aux jeunes. Beaucoup de ces organisations de droite et beaucoup de leurs membres ont également choisi les LGBT comme cibles d’intimidation physique, et dans certains cas, de violence extrême, souvent déclenchée par une rhétorique de haine homophobe viscérale. L’ampleur de cette contre-offensive de droite contre les acquis des mouvements sociaux des années ’60 - une contre-offensive qui s’est depuis également étendue au monde sous-développé- ne doit pas être sous-estimée. A côté de leur forte condamnation du racisme et de la xénophobie, les mouvements antifascistes doivent également dénoncer avec conviction la violence anti-gay qui sévit dans la société - et s’organiser en conséquence. De même, les mouvements lesbiens/gays doivent chercher des alliés dans les autres secteurs de la société attaqués par l’extrême-droite, comme les immigrants, la jeunesse, les gens de couleur, les juifs, et la gauche politique, pour combattre plus efficacement l’ennemi commun, la droite religieuse et le fascisme. En défiant le pouvoir politique et les campagnes anti-gays des églises catholiques et orthodoxes orientales, et des groupes évangéliques protestants, les mouvements lesbiens/gays devraient trouver des alliances pour lutter pour la séparation complète de la religion et de l’état. Spécialement dans les pays où les LGBT sont durement réprimés, établir des liens avec les organisations globales pour les droits de l’Homme, et soulever en leur sein les thèmes LGBT peut être une bonne façon de démarrer l’organisation LGBT. Tenant compte du niveau de répression auquel les LGBT sont confrontés dans de nombreux pays, nous soutenons le droit d’asile pour les LGBT qui proviennent de pays où les LGBT sont persécutés, menacés ou simplement ne peuvent pas résider en raison de leur orientation sexuelle. 18. Nous concevons les mouvements lesbiennes/gays comme des mouvements largement incluant, qui regroupent toutes celles et ceux qui désirent vivre librement leurs sexualités et leur amour de même sexe. Dans des pays et des cultures différents, ils peuvent réunir des personnes impliquées dans un large éventail de relations et de modes de vie, qui peuvent s’identifier de diverses façons. Nous sommes opposés à une quelconque conception de mouvements lesbiennes/gays qui entendrait interdire ou soumettre la participation au groupe à une règle d’homosexualité exclusive. Dans de nombreux pays et de nombreuses cultures, les hommes en particulier ont souvent des contacts sexuels avec d’autres hommes tout en se conformant apparemment aux canons culturels de masculinité, accomplissant les rôles familiaux que les hommes doivent jouer, et ils ne s’identifient pas publiquement - ou même en privé- comme gays ou bisexuels. Dans certains pays, au sein des organisations sur le SIDA, de tels hommes sont simplement identifiés comme ’ des hommes qui ont des contacts sexuels avec des hommes’. Un des points qui ont provoqué de nombreuses tensions dans cette situation, c’est le fait, pour des gens qui ne s’identifient pas comme LGBT mais ont des relations homosexuelles, de traiter leurs partenaires homosexuels avec mépris, en raison de leur internalisation de l’hétérosexisme. Un premier pas important vers la libération sexuelle dans cette situation est pour ces hommes - et femmes - de traiter avec solidarité et respect ceux de leurs partenaires qui s’identifient comme lesbienne, gay ou transgenre. Un autre pas positif serait de aider ou devenir membre d’un mouvement gay/lesbienne, quelle que soit leur définition de leur propre identité. Dans certains pays et dans certaines situations particulières, les bisexuels ou d’autres minorités sexuelles peuvent choisir de s’organiser de façon autonome, à l’intérieur ou au-dehors des mouvements lesbiennes/gays, soit autour de revendications particulières, soit sur des thèmes plus larges tels le SIDA, la violence ou la diversité. Nous soutenons ce droit et respectons leur choix en ce sens, tout en continuant à œuvrer pour l’alliance la plus large des personnes sexuellement opprimées. Les bisexuels peuvent se retrouver isolés aussi bien dans la société hétérosexuelle que dans la communauté lesbienne/gay. La nature même de leur orientation sexuelle leur permet de passer inaperçus ou de sembler ’normaux ’ aux yeux de la société en général, les autres aspects de leur sexualité étant passés sous silence ou considérés de nature purement ’expérimentale ’. Il y a progrès lorsque les bisexuels tentent de briser cette invisibilité - de s’affirmer comme bisexuels - et de voir leur orientation sexuelle reconnue et acceptée comme une expression légitime de la diversité qui existe dans les communautés lesbiennes/gays et la sexualité humaine. Cette conception de la profession de soi comme démarche positive est la même que celle que nous avons à l’égard des lesbiennes et des gays. Les tensions qui existent dans le mouvement entre personnes dont les identités sexuelles sont différentes peuvent être brisé surtout par la construction d’un mouvement inclusif et un combat contre l’hétérosexisme. 19. Nous soutenons les campagnes contre les définitions psychiatriques de l’homosexualité et de la transexualité comme pathologies, et contre les tentatives barbares de médicaliser et ’ guérir ’ les LGBT (par psychothérapie, thérapie d’aversion ou psychochirurgie).