La dynamique des forces de gauche en Asie - Pierre Rousset

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Plan de l´exposé

Introduction

Un sujet immense : limites du rapport et du rapporteur.

L’Asie existe-t-elle ?

• Construction vue d’Europe (l’Orient– qui commence au Maroc !)

• Diversité historique et les limites choisies ici : du Pakistan à la Corée (Asie du Sud, Asie du Sud-Est, Asie du Nord-Est…). Aucune partie du monde plus diverse que celle-ci (Thaïlande et Philippines).

• Une réalité géopolitique façonnée par les révolutions du XXe siècle (Russie, Chine, Vietnam…), la partition de l’Empire britannique (1947), les grandes contre-révolutions (Indonésie 65, Corée du Sud…) – et « figée » par la « division du monde » en deux « blocs ».

I. L’Asie en déséquilibre

Un monde en déséquilibre sous les coups de la mondialisation capitaliste.

Deux grands facteurs spécifiques de déséquilibre concernent l’Asie :

1. La désintégration de l’URRS (puissance eurasiatique) et la fin des blocs – un bouleversement interne que l’Asie ne partage qu’avec l’Europe orientale (la carte de l’Europe a changé…).

2. L’émergence des deux principales nouvelles puissances : Inde et Chine. Sans équivalent ailleurs.

=> L’Asie est rentrée dans une période de déséquilibres géostratégiques… alors qu’elle est une zone d’importance stratégique (des détroits maritimes aux enjeux économiques).

Exemple 1 : Vu du Pakistan. Plus d’alliances assurées. Le front afghan fracture l’Etat pakistanais alors que le front indien le soudait.

Exemple 2 : La Chine, puissance régionale. De la Birmanie et l’Afghanistan à la péninsule coréenne. Les archipels et les territoires maritimes. (ne pas oublier l’Inde en Asie du Sud).

Exemple 3 : le nouveau nationalisme nippon.

Exemple 4 : le redéploiement militaire US., inclut la tutelle de la bombe pakistanaise., le Vietnam, Mindanao, l’Australie, la VIIe Flotte…

L’interdépendance des puissances => pas de guerres interpuissances… (sauf si…).

Mais le militaire joue à nouveau un rôle croissant dans les rapports de forces en Asie.

=> Actualité du combat antiguerre (Pakistan/Inde… Japon/Corée/Taiwan/Chine)

La sécurité du point de vue des peuples : déterritorialiser les mers… (Inversion de la tendance des temps modernes), dénucléarisation, combat contre les nouveaux nationalismes xénophobes…


II. Quelques grandes questions

A. La Chine.

Comprendre le rapport « paradoxal » entre le succès de la révolution (1949) et le succès de la contre-révolution chinoise.

Le capitalisme bureaucratique et le nationalisme de puissance.

La corruption au cœur du modèle chinois et le début d’une nouvelle période ?

Résistances sociales, conscience de classe… mais l’organisation ? Une gauche politique ?


B. Fondamentalismes religieux et oppressions

Les années 70. Encore l’âge d’or des partis communistes et des nationalismes laïcs. L’exemple des Philippines : CNL et MNLF.

La montée des fondamentalismes dans une région du monde aux cultures très diverses : que devient le Pakistan ? L’hindouisme radical en Inde. L’extrême droite bouddhiste au Sri Lanka.

L’Etat, les religions dominantes et les colonisations internes (Sri Lanka, Philippines).

Les oppressions en « poupées russes ». Lumads et musulmans de Mindanao. Tamouls et musulmans de Sri Lanka… Les « peuples indigènes » et « peuples des forêts ».

La condition de la femme. Pakistan : Benazir Bhutto, les talibans, l’envoilement et les « traditions » tribales.

=> retour sur une question stratégique : face à la politique du « diviser pour régner » (conflits intercommunautaires…), comment unifier ?


C. Désintégrations sociales, surexploitation du travail

Europe : désintégration sociale sur fond de déclin économique. Asie : aussi désintégration sociale sous les coups de boutoir d’un développement capitaliste brutal.

Il ne s’agit pas de décrire des formations sociales, mais d’appréhender des problèmes à résoudre.

Classe ouvrière : L’hyperexploitation au Pakistan. Les fermetures d’usines aux Philippines. Les incendies industriels (Thaïlande, Pakistan, Bangladesh…). La mise au chômage/retraite de 40 millions de travailleurs des entreprises d’Etat en Chine (remplacé par des migrants « sans papiers » venus des campagnes…).

Les droits des travailleurs (et syndical) comme droits humains fondamentaux… Le rapport en organisation des pauvres urbains et organisation du salariat…

L’ampleur des migrations. La nature dominante de la migration sous la mondialisation (sans espoir). Les responsabilités des mouvements des pays de départ (préparation, suivi des familles…) et des pays d’accueil (la régularisation…).

Le danger de désintégration des communautés villageoises. Chassées pour laisser place à des zones industrielles. Dévitalisées par la migration. Fragmentées par le marché. Retour sur l’agriculture paysanne (organique) comme mode de résistance active.

L’impact dévastateur des guerres et des catastrophes humanitaires (même au Japon). La politique de l’aide (auto-organisation). Se battre pour que les victimes gardent leurs droits – et se vivent comme ayant des droits.

L’instabilité des structures sociales populaires est-elle bien une caractéristique dominante ? Et comment y répondre ?


III. L’Asie en luttes

Le Népal et la dernière révolution en date. Une révolution, un gouvernement… et après ?

Le Pakistan, terre de luttes et pas seulement de guerres.

Les réseaux… du Forum populaire Asie-Europe, des réseaux contre la dette, pour les protections sociales, aux mouvements antinucléaires et à l’IIRE-Manila…

Une grande diversité politique à gauche. Le déclin des grands partis communistes « traditionnels » (Bengale occidental). La division et l’évolution des mouvements maoïstes. Les mouvements « anti-partis ». Durcissement sectaire de certains, ouverture unitaire de beaucoup (Philippines).

Le destin inattendu de la QI en Asie. Devenu la principale région de l’Internationale – avec une grande variété d’organisations.

Certaines issues de la radicalisation « quartiste » de la jeunesse des années 70 (Japon, Hongkong) (le cas indien).

Venues d’autres branches du trotskisme (Sri Lanka, Pakistan), du maoïsme (Philippines, Bangladesh), d’une discontinuité historique (no-isme) (Indonésie), de courants pro-Moscou (Pakistan aussi), etc.

Des situations très différentes. Trois exemples contrastés : Le CPB-ML (Bangladesh). Le RPM-M (Mindanao). Le LPP et maintenant AWP (Pakistan).

Des points de convergences programmatiques (dont la lutte pour le socialisme). Une internationale qui respecte l’identité de chaque organisation nationale (voir à contrario l’expérience et les craintes du PSM, Malaisie). Des solidarités et une identité régionales en constitution (voir le rôle de l’école de Manille). Des engagements communs dans les forums et réseaux mondiaux ou régionaux…

Des leçons généralisables à d’autres secteurs de la gauche militante asiatique.

La répression. La solidarité. L’internationalisme.

Questions :

1. Pour celles et ceux qui ne viennent pas d’Asie : qu’y a-t-il de commun et de différent par rapport à votre région ? Pour qui vient d’Asie : les mouvements de gauche peuvent-ils construire une « conscience pan-asiatique » commune ?

2. Peut-on (déjà) dire que la Chine est une puissance capitaliste ? Ou même (déjà) impérialiste ?

3. Dans vos pays, êtes-vous confronté à l’instabilité des milieux sociaux (instabilité de l’industrie, désagrégation des communautés agraires et « indigènes », migrations massives, conséquences de l’endettement… qui rendent difficile la stabilité de l’implantation sociale et des mouvements sociaux ? Comment faire face ?

4. L’Asie offre un cas de figure où plusieurs « puissances » opèrent. Faut-il alors choisir la puissance la « moins » dangereuse (« campisme »), ou construire l’indépendance des mouvements sociaux envers toutes les « puissances » ? Qu’est-ce qui caractérise l’internationalisme aujourd’hui ?


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